Dans mon coin

Un site bricolé avec les moyens du bord

David Foenkinos a un panaris

Classé dans : Mes publications — 9 octobre 2014 @ 10 h 42 min

charlottelivreIl s’est abîmé un doigt, à force d’aller à la ligne.

Mais oui.

Vous verrez.

Vous remarquerez ça tout de suite.

Et ça vous fera un drôle d’effet.

Mais je dois vous faire une confidence, avant de vous parler de son livre : dans la vie, on a  parfois le choix entre plusieurs très bonnes choses –disons une religieuse au chocolat ou un mille-feuilles bien épais ou cent grammes de macarons ou une tablette de chocolat aux noisettes ou un Foenkinos. Et comme je fais attention à ma ligne, j’ai choisi le Foenkinos.

David Foenkinos va à la ligne parce qu’il vous raconte une obsession et que cette obsession l’a obligé à écrire ainsi –c’est ce qu’il explique. Un jour, il a découvert par hasard une artiste peintre et musicienne, dans une exposition et sa vie a changé. Elle s’appelle Charlotte, est juive, vit à Berlin et elle est morte depuis longtemps. Déportée, si vous voulez tout savoir. Pourtant elle aimait l’amour, Beckmann et le Bahaus. Et elle aimait la musique.Charlotte S

 

David Foenkinos va à la ligne pour faire de la musique, lui aussi. Parce que ses petites phrases finissent par composer un long morceau. Il va aussi à la ligne à cause des silences, qui se glissent ainsi d’une phrase à l’autre –silence assourdissant d’un couple meurtri par le suicide de ses deux filles, mutisme de Charlotte, silence timide et respectueux du romancier devant son personnage.

Parce qu’elle est juive, Charlotte n’a pas le droit  de s’inscrire au Beaux-arts (elle y parviendra quand même), elle n’a pas le droit de recevoir son premier prix, elle n’a pas le droit de s’asseoir sur un banc devant un lac. Elle n’a pas le droit d’être heureuse. Elle a juste le droit de mourir à vingt-six ans.

Aujourd’hui, il reste peu de choses de Charlotte : quelques expositions au Texas, et une plaque :

Devant cette adresse, il y a maintenant de petites plaques dorées au sol.

On appelle ça des Stoipersteine.

C’est un hommage aux déportés.

A Berlin, il y en a beaucoup, surtout à Charlottenburg.

On ne les voit pas aisément.

Il faut marcher tête baissée, chercher la mémoire entre les pavés.

Devant l’immeuble du 15, Wielandstrasse, on peut lire trois noms.

Ceux de Paula, Albert, et Charlotte.

Mais sur le mur, il n’y a qu’une seule plaque commémorative.

Celle de Charlotte Salomon.

 

Mais maintenant il y a ce livre, ce bel hommage. Alors lisez ça, juste pour elle, et pour faire plaisir à l’auteur, et pour me faire plaisir à moi aussi. De toute façon ça va vous plaire. Vous savez bien, dans la vie il arrive parfois qu’on ait le  choix entre plusieurs bonnes choses….

Pas de commentaire »

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

 

Né de poussière d'étoiles |
Lafausseracaillepinkquiaime... |
Hypokhagne 1 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Poesiemavie
| commentcest
| Pressplume