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le petit dictionnaire de l’éditée

Classé dans : Mes publications — 17 novembre 2014 @ 18 h 29 min

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F comme foirer ma page, je ne voudrais pas, alors je m’applique. J’ouvre mon Robert à la lettre F, je rassemble mes souvenirs, je regarde par la fenêtre des fois qu’une fusée magique m’apporte des mot choisis.

ça finit toujours par venir, plus ou moins bien. Mais c’est la loi des dictionnaires, c’est facile ou pas facile.

 

F comme facile, c’est dans ce poème d’Eluard :

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« Pendant qu’il est facile et pendant qu’elle est gaie,

Allons nous habiller et nous déshabiller. »

C’est tout ? Ben oui, c’est un poème court.

Mais trouvez-moi quelque chose de plus joli que ça, allez-y.

 

F comme fourrière, je suis plusieurs fois allée rechercher ma voiture là-bas, au bout du monde. Je suis arrivée fatiguée et en colère, bien remontée contre l’injustice du sort et l’acharnement des préposés aux PV mais chaque fois, il y a une chose qui m’a calmée, c’est le spectacle de toutes ces voitures alignées, grosses ou petites mais toutes punies et qui attendaient qu’on vienne les chercher. Immobiles, perdues sur leur terrain vague. Elles étaient allées se garer là où il ne fallait pas, elles le savaient pourtant mais se croyaient plus fortes, invulnérables même. Ou invisibles. Elles pensaient échapper à la ronde des contractuels parce que leur propriétaire avait quelque chose d’urgent à faire –un objet introuvable à acheter, un rendez-vous important, un client à voir, une femme à embrasser, un enfant à prendre dans ses bras- et que cette urgence leur donnait sûrement le droit de rester là. Et on les avait emportées comme les autres, au vu de tout le monde, des passants et des serveurs de café, les deux roues avant en l’air.

fourrièreEt dans cette position misérable, elles avaient pris le périphérique et traversé Paris.

Le chagrin des voitures enlevées, ça vous calme parce que ça finit par vous faire de la peine.

 

F comme Fleurs de l’éloquence , les nouvelles Fleurs de l’éloquence se trouvent cachées dans le dernier Prix Goncourt et  Chateaubriand se retourne dans sa tombe :

« Les salopards salopardaient, et les mères de famille se prosternaient dévotement devant sus cojones, parce que les mères de famille aiment se prosterner dévotement devant les cojones des chefs. »

F comme lancer des fleurs, je lance des fleurs à celle qui parle si mal parce qu’elle m’a émue, mais pas forcément à cause des cojones.

 

F comme fumer, j’ai fumé à la plage, j’ai fumé dans ma voiture, j’ai fumé devant mes enfants, j’ai fumé à la maternité en cachette, à la fenêtre, comme une collégienne.

fumeuseJ’ai fumé dans ma salle de classe, j’ai fumé dans le train, dans l’avion, dans la rue, j’ai fumé dans un cinéma des Champs Elysées où l’on avait le droit de fumer, j’ai fumé au restaurant et dans les cafés, j’ai fumé pendant mes cours à la Fac, j’ai fumé à l’hôpital, j’ai fumé en douce en attendant mes filles, j’ai fumé devant tout le monde à la sortie de leur école, j’ai fumé dans mon lit les jours de cafard. J’ai fumé pour saluer le lever du jour, pour accueillir le soir qui tombe, j’ai fumé pour fêter chaque retour à la maison, j’ai fumé pour me consoler, pour me féliciter, pour attendre.

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Pardon. J’ai arrêté depuis longtemps.

Mais qu’est-ce que c’était bon !

 

F comme faire la roue, on exigeait des filles, avant, qu’elles sachent faire la roue (on l’exigeait des garçons aussi, mais plus tard et pas de la même manière).paon Petite, je vous faisais une roue magnifique les doigts dans le nez et puis tout à coup, quand c’est devenu important, c’est à dire quand j’ai passé la gym du Bac, je n’y suis plus arrivée. Plus du tout. Ma roue était devenue un saut de grenouille, un semblant de génuflexion, une figure libre lamentable. J’ai pensé alors que je n’arriverais à rien dans la vie, puisque j’étais incapable de faire ce qu’on attendait d’une fille. J’ai douté de ma féminité, de mon potentiel de séduction , de mon avenir, j’ai pensé que personne ne pourrait plus jamais m’aimer.

J’ai cru mourir de honte, je me suis torturé l’esprit, suis tombée dans les bas-fonds de l’autopunition.

Et puis finalement, dans la vie, on ne m’a plus jamais demandé une chose pareille.

 

F comme faire envie :

Fish and ships bien chauds dans leur boîte en carton, à manger goulument sur un trottoir anglais., avec une chanson des Rolling Stones dans la tête.

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Fondue savoyarde dans un restaurant installé très haut dans la neige, avec un feu de cheminée et des chaussures enfin confortables.

Falafel à grignoter dans le Marais, en regardant les vitrines.

Flan à la vanille mangé en famille, lentement, à la très petite cuillère, en commençant par la couche de caramel.

Farcis de légumes provençaux sur une terrasse au soleil, devant des coteaux de vignes.

Filets de daurade à la plancha en maillot devant la mer.

Flûte de champagne bien glacée dans un salon douillet.champagne

Frites mangées avec les doigts aux Vapeurs de Trouville, en revenant d’une promenade sur la plage.

Fraises, les premières fraises, qui ne sont jamais très bonnes mais ont l’énorme mérite d’être les premières de l’année.

F comme faire plaisir.

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