Dans mon coin

Un site bricolé avec les moyens du bord

Le petit dictionnaire d’une éditée penchée

Classé dans : Mes publications — 8 novembre, 2014 @ 6:10

lettreD

 

D comme danser, je ne sais pas danser, je n’ai jamais su. Allez passer pour quelqu’un de bien avec ça !

« Tu ne prends pas de cours de salsa ?

-euh, c’est que… »

salsa

Eh bien non, je ne prends pas de cours de Salsa comme mes voisins, ma marchande de légumes, le policier qui met des PV devant chez moi  et le maître nageur de la piscine municipale. Pendant les cours de salsa, je regarde la télé.

Et ne me dites pas que c’est facile, non ce n’est pas facile de faire des petits pas en mesure quand on n’a pas le sens du rythme.

 

D comme dire la vérité ? JAMAIS. Alors pour la Salsa je ne peux vraiment pas. J’ai mal à la jambe, je me suis tué un tibia au footing. J’ai mon roman à finir, mon éditrice va s’énerver. J’ai un livre à lire, il faut que je m’avance. Il y a l’Amour est dans le pré à la télé et c’est trop bête quand ils discutent sur le tracteur, j’adore. J’ai un dîner. J’ai une soirée écriture avec mes voisins. J’ai piscine, le mardi ils font nocturne. J’ai ma fille sur Skype, je veux pas la rater. J’ai mes valises à faire, on part demain. J’ai mon dîner à préparer, je suis à l’heure espagnole.

Le cours de Salsa, je le ferai l’année prochaine, on n’est pas aux pièces.

 

D comme diable. Le diable s’habille en amazone. Il a installé un toboggan géant et vous regarde dégringoler, ça l’amuse.

 

D comme Djan,

djanPhilippe Djan navigue à vue pour écrire ses romans et j’aime ça.

Il pose des personnages avec de drôles de noms et de drôles de pensées tristes, il lance des images floues avec des arbres, des terrasses et des piscines bien bleues, tout ça menace de se bousculer en une grosse pagaille mais il arrive à en faire une histoire. Et dans cette histoire, il place des paroles désenchantées et inoubliables, des figures nulles qui deviendront magnifiques, des inflexions ravissantes, un parfum de mélancolie. D comme déjeuner en paix, j’aimerais bien déjeuner en paix à côté de lui et qu’il me chante sa chanson, s’il y arrive.

 

D comme drôle, aujourd’hui les clowns jouent à faire peur aux enfants. Ils passent devant les vitres des écoles et font des grimaces sous leur maquillage, jusqu’à ce que les enfants se mettent à hurler. C’est une vieille histoire d’ailleurs, les clowns ont toujours fait peur à certains enfants. La différence, c’est que là, ce sont TOUS les enfants qui crient.

clowns

Aujourd’hui, les clowns ne sont plus drôles du tout parce qu’ils détestent les enfants.

 

D comme dormir, j’ai six manuscrits qui dorment sur une étagère. De temps en temps je les déplace pour faire la poussière, il m’arrive aussi de les ouvrir. Personne n’a voulu d’eux, ni Gallimard ni Albin Michel ni la Dilettante ni rien. D comme drame, je n’en fais pas un drame, mais quand même. D comme Dominique, trois livres et six manuscrits, c’est moi. D comme doute, c’est moi aussi. D comme divorce, les grands éditeurs et moi, on ne se parle plus trop.

Bon mais s’ils insistent, je reviens.

 

D comme dix, j’ai dix bonnes raisons de continuer à écrire. J’ai compté.

La mieux c’est que quand j’écris, je ne pense pas à finir le chorizo.

 

La page de pub d’une mauvaise langue

Classé dans : Mes publications — 6 novembre, 2014 @ 6:18

kobo

Ma kobo est formidable

 

Ma kobo est gentille, c’est écrit à la page Librairie:☺

Elle peut Réparer les vivants, elle propose Une autre idée du bonheur, offre Un sourire à tomber, Une vie en plus, La vie en mieux et promet : ça peut pas rater.

De toute façon, au pire Demain est un autre jour.

 

Mais ailleurs, sur les autres pages ?

C’est pas mal aussi.

Parce que…

 

Ma kobo est classe.

« Paris ville de merde, si Pompidou avait fait raser le Marais par le Corbusier, on n’en serait pas là ».(1)

 

Ma kobo est romantique.romantique

« Je l’imagine tout d’un coup sans son jean et je m’efforce  de chasser cette image importune ».(2)

 

Ma kobo est délicate.

« J’ai un collègue qui a signalé un fœtus mort à l’intérieur d’un sac de voyage ».(3)

 

Ma kobo est intéressante.

« Voulez-vous du sucre ou de la crème ?

-Non, je préfère le café noir ».(3)

 

Ma kobo fait des figures de style.

« Une fois de plus, un courant me traverse comme si j’avais touché un fil électrique pour me parcourir le corps jusqu’au ventre. »(2)

 

Ma kobo est appétissante.gateau

« Elle vomissait presque tout ce qu’elle mangeait et le peu  qui lui restait, elle l’évacuait par des lavements ».(3)

 

Ma kobo connaît la vie.

« Guy est irréprochable. Il est d’un ennui mortel. Que faire, à part le tromper. »(4)

 

Ma kobo aime la vraie vie.

« Marguerite, la blonde, était attachée de presse pour une maison de prêt-à-porter. Marie, la brune, dirigeait la pub d’un magazine hebdomadaire féminin ».(4)

 

Ma kobo est fashion.fashion

« Elle portait une robe en coton bleu, un châle couleur crème sur les épaules et des tennis blanches ».(3)

 

Ma kobo fait de la politique.

« ça n’a pas l’air de s’arranger en Chine, soupire Mme Rouby.

-Bah ! c’est loin, la Chine !

-ça n’a pas l’air de s’arranger nulle part, soupire Mme Rouby.

-Bah, nulle part, c’est pas chez nous ! »(5)

 

Ma kobo est sexy

« Quand tu as ouvert la porte c’est la première chose que j’ai remarquée, ton gros orteil qui dépa)ssait de sa gangue de nylon, un orteil parfaitement dessiné sous les volutes de vapeur d’eau » (6

 

Mais surtout, surtout, ma kobo est plus forte que Fleur Pellerin :

fleurpellerinelle peut m’afficher à la demande, ELLE, tous les romans de Modiano !

 

 

 

Et attendez, je cite mes sources. Quand on est mauvaise langue , il vaut mieux ne pas se tromper:

 

1 Les bouts de ficelle, Grégoire Polet

2 cinquante nuances de Grey, E.L.James

3 L’incolore Tsukuru Tazaki, H. Murakami

4 Son carnet rouge, Tatiana de Rosnay

5 Les vieilles, Pascale Gautier

6 Mater Dolorosa, Dominique Lebel (eh oui, c’est moi qui ai écrit cette bête histoire de collant troué!)

Romeo, mon Romeo!

Classé dans : Mes publications — 4 novembre, 2014 @ 5:44

faille

 

L’homme et l’enfant roulèrent enlacés sur le sol poussiéreux et le Traqueur plaqua le

maigre visage contre son torse, dans un geste protecteur.

 

 

Amateurs de dépaysement attention, vous allez entrer dans un monde tout pâle. L’aube y crache une lumière grise et les enfants perdent leurs couleurs. Il ya a eu le Grand Cataclysme et depuis, c’est glauque.

Amateurs de bonnes histoires attention, ce roman sait où il va, ses personnages non.

 

Et le lecteur ? On lui donne une pochette surprise à chaque fin de chapitre et il avance sur un jeu de piste, en suivant la ligne des prénoms –il y a Charlie, Romeo, Echo et les autres. Deux mondes s’entremêlent et les auteurs sèment des indices.

 

Et l’histoire ? C’est celle d’une humanité qui chemine vers la résignation. Avec, comme dans toute bonne histoire, ceux qui ne font pas comme les autres.

Et le décor ? Il ya un camp avec des camions, beaucoup de camions. Qui vont et viennent. Des tours mais il en manque une mais ce n’est pas sûr. Rien  de stable là-dedans . Il y a aussi un chemin de terre qui conduit à la forêt, une route déserte, des gardes devant de guérites, un bâtiment médical. Imaginez un Pékin Express qui tournerait très mal.

 

Et l’époque ? Il n’y en a pas, c’est à dire qu’il y en a plusieurs, qui se superposent et pour passer de l’une à l’autre, il faut se casser la figure.

 

Et les personnages ? Dans ce dédale des siècles, ils ne savent plus trop où ils en sont. En tout cas, ne vous fiez pas trop à leur nom :

Il y a un Romeo alcoolique et violent à ses heures, une nymphe rebelle avec un cerveau dans son sac, un enfant tendre avec un œil noir et un œil violet. Les uns chantent comme des sirènes dans leur cage, il sont tout blonds et attendent de mourir, les autres font l’amour derrière des portes métalliques. Suivez-les, ils ont l’énergie du désespoir car ils n’ont pas l’air à les entendre parler, mais ils sont de la race des héros.

 

Et la science fiction dans tout ça ? Vous en reconnaîtrez les figures imposées : le voyage à travers le temps, la distribution parfaite des rôles (le collecteuse, le traqueur, les mentalistes), l’œil qui voit tout, l’homme qui vit dans la tête des autres, les niveaux de vie de 1 à 6, le réveil infernal qui ne sonne pas mais vous répète qu’il est l’heure, et la petite touche –ma préférée- qui à la case médecin répond : Prendre rendez-vous ultérieurement.

 

Vous voulez un passage ? Je vous présente Charlie, il en sait à peu près autant que Dieu, sauf que lui ne comprend pas pourquoi il sait tout ça:

 

Charlie avait suffisamment parcouru leurs esprits pour mieux comprendre. Il savait

désormais qui il était et pourquoi il avait passé sa courte vie à distinguer l’invisible, à vivre

d’autres existences que la sienne en pensée. Il avait vu le passé et les avenirs possibles. Il

avait mesuré le prix de la folie humaine. Il avait contemplé les espoirs, les illusions, et leurs

conséquences. Il avait vu le monde à travers les milliers d’esprits l’ayant précédé et qui

s’étaient transmis leurs souvenirs à tour de rôle ; il l’avait perçu bien plus précisément en

l’espace de quelques heures que durant toute sa vie solitaire. Il était remonté aussi loin que

possible, jusqu’aux premiers Mentalistes, ceux qui avaient vécu des siècles plus tôt. Il avait

constaté l’aberration de leur existence même. Il avait accepté l’horreur de sa propre origine et le destin qui en découlait.

 

Bonne lecture !

 

La faille 2, -la traque de Roméo,  MIA, éditions Hélène Jacob.

 

Le manuel de l’éditée, deuxième leçon

Classé dans : Mes publications — 3 novembre, 2014 @ 5:48

Vous écrivez ? Faites attention. Non franchement,  ne marchez plus en claquettes, laissez tomber le pastis, les carambars de vos enfants et ne vous jetez plus sur les crocodiles Haribo. TENEZ-VOUS. Et faites attention à ce que vous dites.

Par exemple, ne dites pas tête de mort:

Mais qu’est-ce qu’ils bidouillent avec la promo de mon livre ?

Dites :

Mon éditrice a un congrès, ensuite je crois qu’elle part en vacances. (variante : mon éditrice m’adore, elle préfère me laisser la parole).

Ne dites pas :

En philosophes, je connais Cioran (variante 1 : en philosophes, je connais deux citations de Cioran. Variante 2 : il s’appelle comment déjà, le mari d’Arielle Dombasle ?arielle)

Dites :

J’ai commencé une relecture de Schopenhauer.

 

Ne dites pas non plus :

J’ai pas d’idée, je trouve pas la fin de mon histoire.

Dites :

J’ai mis mon esprit au repos afin de libérer mon imaginaire.zen

 

Ne dites pas :

Vous l’avez plus, Muchachas 3 ?

Dites :

L’écriture de Katherine Pancol s’essouffle.

 

Ne dites pas :

Un chinois m’a piqué ma place dans la queue (variante 1 : un chinois m’a piqué la place assise dans le métro. Variante 2 : un chinois m’a piqué le dernier taxi).

Dites :

L’humanité se trouve  parfois confrontée à ses paradoxes.

 

Ne dites pas :

J’ai encore craqué sur un Big Mac.

Dites :

Demain, je me mets au végétalien.

 

Ne dites pas :

Pour aller à ma dédicace, je me suis acheté  une robe Maje (variante 1 : je suis allée chez le coiffeur. Variante 2 : j’ai fait une manucure).

Dites :

Mon éditrice m’a sortie du lit, je suis arrivée en retard, mes lecteurs m’attendaient.

 

Ne dites pas :

Ma dernière page, elle est bof (variante 1 : ma dernière page, elle est nulle. Variante 2 : la fin de mon roman, je l’ai faite à l’arrache)

Dites :

J’essaie de revenir à une écriture spontanée.

 

Ne dites pas :

Mon voisin a encore mis la techno à fond.

Dites :

Je travaille souvent en musique, Mozart et Bach m’inspirent.

 

Et enfin, ne dites pas :

JLO et son mari, c’est vraiment fini ? lopez2

(variante : le prince Harry et sa copine, c’est vraiment fini ?)

Dites :

J’ai entrepris de renouveler le thème des amants qui se déchirent.

 

Mais SURTOUT, SURTOUT, ne dites pas :

Mon livre, il plaît à personne.

D’abord ce n’est pas vrai, votre cousin vous a dit qu’il l’avait lu avec plaisir. Ensuite  un écrivain ne se plaint pas, il souffre en silence. Ou se torture en deux cents pages. Alors, au lieu de vous plaindre,  écrivez !

C comme copine

Classé dans : Mes publications — 31 octobre, 2014 @ 5:40

c+comme copine, je n’aime pas ce mot, tel qu’on l’emploie aujourd’hui. Imaginez la page de Stendhal: « Julien entra dans l’église neuve de Verrières… la vue de sa copine qui l’avait tant aimé fit trembler son bras ». Moi, je préfère qu’il essaye de tuer sa maîtresse. Dans MON- DERNIER- ROMAN-QUE-VOUS-ALLEZ-LIRE-BIENTOT (1), un gardien de musée un peu vieux jeu (genre moi) demande à ma narratrice si elle a un amoureux ; « Un copain, lui répond-elle. Aujourd’hui, on dit un copain ». N’empêche que son copain la trompe et qu’elle va se retrouver toute seule à la fin, preuve que ce mot n’est pas synonyme de bonheur.

 

C comme chaussette dépareillée

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J’aimerais bien qu’un jour quelqu’un écrive le drame de la chaussette dépareillée.  Je ne suis pas la seule à qui ça arrive, j’ai lu quelque part que la mère de la très géniale Joyce Carol Oates avait vécu la même chose : cette consternation devant la disparition inexpliquée de l’autre. L’autre chaussette, pour faire la paire et il n’y a rien à faire,  il est inutile de chercher. Elle est partie ailleurs sans sortir de chez vous. La chaussette dépareillée est le témoignage le plus facile à repérer de la quatrième dimension.

 

C comme courez chez votre librairie et commencez à lire comme moi l’Incolore Tsukuru Tazaki, de Haruki Murakami (faites-vous un post-it avec le titre et le nom de l’auteur) Le héros est d’une banalité à faire peur, le genre que personne, absolument personne ne remarque et tout à coup, sans qu’il comprenne pourquoi (et vous ne comprenez pas non plus) ses amis lui tournent le dos, ne veulent absolument plus le voir. Et il ne sait pas ce qu’il leur a fait. Du Kafka modernisé.  Moi j’en sais un peu  plus, mais pas beaucoup plus parce que c’est un très gros roman et que je suis loin de l’avoir fini.

 

 

C comme Cinéma, je me fais mon cinéma, je suis du genre à me faire des films. Vous me donnez une personne, vous la mettez en face de moi et je monte un scénario. C’est très vilain de faire ça, on n’entre pas ainsi dans la vie des gens. C’est très vilain de le faire, surtout, quand on est soi-même cette personne. C’est même dangereux pour l’équilibre.

Un jour, je ne sais pas quand, je ne croirai que ce que je verrai.

 

C comme Concept, conceptuel, ces mots sont aujourd’hui absolument courants et mystérieux. Car ils désignent finalement tout ce dont on aimerait se débarrasser .

Le chien sans muselière et sans laisse qui traine sur mon chemin quand je cours est un concept (liberté)

Mon fichier word est un concept (lisibilité)

Le cerveau droit des autres est un concept (créativité)

Les gens qui me snobent sont un concept (modernité)

Le Paradis du Fruit où je n’entends pas ce qu’on dit à ma table est un concept (sociabilité)

Les restaurants où je ne vois pas ce que je mange sont un concept (intimité)

Les pervers narcissiques sont un concept (banalité).

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L’idée qui me prend par moments de me faire faire du  botox est un concept (éternité).

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C comme Camus, c’est dommage qu’on l’étudie au lycée, ce qui fait qu’on est amené à le détester, comme les autres. Camus aimait les cigarettes, le foot, le théâtre, la mer et le soleil. A part ça, pas grand -chose mais si vous faites le compte, il y avait de quoi remplir une vie.

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C comme c’est à toi « c’est à toi seul que je veux m’adresser ». C’est le début d’une lettre, écrite à un homme par une femme. Elle ne sait pas s’il lira cette lettre, elle sait en tout cas qu’il ne lui répondra jamais. C’est du Stefan Zweig, c’est de l’amour comme on n’en fait plus. Si la vie ressemblait aux romans de Stefan Zweig, on deviendrait tous bizarres, mais qu’est-ce qu’on s’aimerait !

 

C comme chansons, j’ai des chansons à la noix dans la tête, je n’y peux rien, je crois que je n’aime que ça. Je les ai collées dans le cerveau de mon héroïne, (1) depuis je me sens moins seule.

                 Michel Sardou . les lacs du Connemara . YouTube            

 

 

(1) Un lundi au soleil, éditions HJ. Parution en Mars

 

 

 

L’écrivain parfait existe

Classé dans : Mes publications — 30 octobre, 2014 @ 6:39

 

Et il vous énerve.

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Il a vendu  40.000 exemplaires dès son premier livre.

Il avait vingt ans  et a déclaré « j’avais envoyé mon manuscrit à plusieurs maisons d’édition au hasard, trois m’ont répondu.

 

Il progresse en dépit de son succès: il en est à son douzième roman et le dernier est chaque fois encore meilleur que le précédent. Parce qu’il est parti en repérage au bout du monde pour planter son décor. Ou parce qu’il est resté enfermé dans son appartement et n’a mis un pied dehors que vers six heures du soir, pour marcher dans la rue ou s’en aller errer dans un jardin public. Parce qu’il ne s’ennuie pas quand il marche, lui.

 

Il a une femme ravissante et de beaux enfants, qu’il montre rarement.  Les enfants vivent quelque part en Floride et passent leurs vacances à Paris, là où leur père se cache pour écrire. Ou alors il n’a pas de famille, parce que ses personnages lui suffisent et que la solitude est nécessaire à l’écriture. D’ailleurs il n’est jamais allé en Floride, il n’a jamais quitté le 14ème où il est né

14th et où il est allé à l’école -parce qu’il est fidèle à ses parfums d’enfance. Parce qu’il a une âme, lui.

 

Il est beau, c’est pourquoi on continue à mettre sa photo sur les jaquettes de ses livres. Ou alors il est vraiment vilain mais comme il fume beaucoup, son visage est flouté par  un écran de fumée. Et on lui trouve un physique intéressant.

 

Il a dix mille amis sur sa page Facebook et cent quatre-vint-quatorze commentaires sur Amazon.

 

Sur sa page Facebook, il ne parle pas de ses livres. Il fait des blagues et raconte sa vie. Il dit qu’il a oublié de garer son vélib, qu’il a pris l’avion, qu’il est allé chez Conforama, qu’il doit acheter un gâteau pour l’anniversaire de sa femme.

 

Ou alors il n’a pas de page Facebook, il est au-dessus de ça et pense que les réseaux sociaux sont une vaste comédie, dont il fera peut-être un jour un sujet de roman. Parce qu’il a plusieurs sujets de roman en même temps dans la tête, lui.

 

Il a trouvé l’idée géniale que vous n’avez pas eue pour démarrer son histoire. Il a trouvé aussi l’idée géniale que vous n’avez pas eue pour la finir.

 

Il prend des sujets bêtes et en fait un chef d’œuvre. Il vous parle d’une caissière du super U, de son voisin qui fait des marathons,

marathonien de sa voiture qui est en panne, d’une femme de ménage, d’un camp de vacances, d’une maison en Bretagne sous la pluie, d’une maison en Irlande sous la pluie, d’une maison dans le Sud sous le soleil.

 

Il prend des sujets improbables comme une épidémie de polio ou le parcours initiatique d’un chien et il en fait un chef d’oeuvre.

 

Il a mis cinq ans pour écrire son dernier roman. D’ailleurs vous pensiez que vous l’aviez oublié, mais non. Il revient.

 

Son dernier roman fait 500 pages, c’est le pavé dont tout le monde parle. Le bruit se répand que tous les livres de 500 pages sont à mourir d’ennui, sauf le sien. Que ça pèse deux kilos cinq entre vos mains mais que vous ne pourrez pas le lâcher.

 

Votre fille-qui-ne-lit-jamais  vous a piqué son dernier roman  et elle en est à la page 340.

 

Il passe à la télé et il parle à la radio. Longtemps et tout le monde l’écoute, lui. Car il parle beaucoup des autres et peu de lui.

 

Ils l’ont traduit en Corée du Nord

모든 인간은 태어날 때부터 자유로우며 그 존엄과 권리에 있어 동등하다. 인간은 천부적으로 이성과 양심을 부여받았으며 서로 형제애의 정신으

 

Il a  connu un drame dans sa vie, a eu une enfance malheureuse,

abandonné

se sent abandonné depuis  mais ça ne se voit pas, ça en se devine que dans ses livres. Ou bien il n’a pas eu d’enfance, est passé direct à l’âge adulte, l’âge d’écrire.

 

Il fait des phrases de dix lignes et ça n’ennuie personne.

 

Il fait des phrases de trois mots et ça n’a pas l’air bête.

 

Il fait des phrases qui résument la vie. Vous êtes du même avis que lui mais vous ne saviez pas le dire. Heidegger était du même avis que lui si vous vous souvenez bien de vos cours de philo, mais il ne savait vraiment pas le dire.

 

Les gens connaissent mieux les titres de ses livres que les noms de nos ministres.

 

Il est comme les parfums, son nom suffit  à faire acheter son livre.Il est le champion de la métonymie littéraire: il est devenu une marque.

 

Il n’est pas prétentieux, pas arrogant et si un jour vous lui montrez ce que vous écrivez, il vous dira  qu’il vous promet de vous lire un jour. Dès qu’il en aura le temps.

 

Quand on l’a appelé pour une dédicace,

dédicace

il y a la queue jusque dans la rue.

 

 

Dans la queue jusque dans la rue, on ne parle que de lui. On ne se rend même pas compte que la nuit tombe et qu’il commence à pleuvoir. Et qu’il commence à être fatigué, en dépit des sourires qu’il affiche.

 

Vous ne savez plus de quoi parlait son dernier livre mais ça n’a aucune importance. Vous savez que c’est lui qui l’a écrit. Et que c’était un très beau livre, qui a enchanté vos nuits.

 

D’ailleurs un jour, vous lui écrirez. Et dans votre lettre, vous lui demanderez d’écrire rien que pour vous. Mais c’est vous qui lui proposerez le sujet. Vous y aurez bien réfléchi. Vous lui demanderez de vous récrire des choses: le mode d’emploi de votre machine à laver, les dépliants de  votre agence de voyage, vos fiches cuisine, votre contrat d’assurance, le dernier devis pour votre couronne en céramique, le bail de votre appartement, la recette au dos de votre boîte de spaghettis  et les livres de maths de vos enfants.

Et alors votre vie sera plus facile, car beaucoup plus jolie. Il y aura des mots doux entre les lignes, de la poésie dans vos dossiers à classer, de beaux sentiments dans votre quotidien.

Et là, vous verrez, il ne vous énervera plus du tout.

 

 

 

 

QUAND LA CHINE S’EVEILLE

Classé dans : Mes publications — 29 octobre, 2014 @ 5:09

GAME OVER!

 

James Bond traînait sur Facebook depuis un moment et j’ai voulu lire son livre. J’étais tout feu tout flamme, une vraie James Bond girl coiffée-armée-pomponnée – je me suis calmée à la page 10.

Parce qu’à la page 10, il y a le portrait d’Angela « avec ses yeux verts sublimés par une longue chevelure rousse et un corps qui rendrait jalouse Angelina Jolie ». ça jette un froid.

J’ai laissé James Bond à ses amours et j’ai continué son livre.

Mais qu’est-ce que ça raconte? Une cyber attaque; la Chine contre les Etats Unis, une vieille histoire; et l’effondrement du dollar et l’assassinat d’un Président. GAME OVER ou le cyber voyage entre la réalité des marchés financiers et les grandes peurs de l’Occident, entre ce qui est déjà et ce qui pourrait arriver bientôt. GAME OVER ou la grande leçon du nouveau James Bond: prenez un gâteau (la spéculation), nappez-le de poudre aux yeux (nos systèmes économiques), vous obtenez le désastre qui nous pend au nez.

 

Et sinon?

Sinon, si l’on décide de ne pas trop aimer les histoires d’argent, il y a dans ce livre une quantité de choses spectaculaires (si vous ne comprenez rien au film, regardez les images):

Il y a une belle Mustang, d’abord, tant qu’à faire. Et un virus chinois dans les tablettes des traders.

Il y a des ordinateurs zombies cachés à l’autre bout du monde.

Des robots boutonneux sans scrupules, qui viennent faire leur crise d’adolescence sur nos marchés.

Mazda et Toyota en total effondrement et Angela Merkel dans tous ses états.

Des roubles planqués dans les îles Caïman

Des punaises qui vous endorment plus vite qu’une bouteille de rhum.

Et le portrait de Roosevelt, au cas où il se mettrait à parler -ça aiderait.

Mais il y a surtout cette terrible menace: « CRAIGNEZ-NOUS ».

 

James Bond, je me demande s’il est bien raisonnable de faire ainsi peur aux dames!

 

GAME OVER, Patrick Jaulent et T. Nguyen éditions Hélène Jacob

Le manuel d’entretien de l’éditée

Classé dans : Mes publications — 29 octobre, 2014 @ 4:48

 

FACE DE LUNE

Depuis que je suis éditée, j’apprends mon code. Je vous préviens tout de suite, j’en suis au niveau 1 et je pense y rester un certain temps.

J’ai donc enfin repéré la touche Caractères spéciaux sur mon ordinateur et je sais faire des SMILEYS. Je croyais bêtement que c’était réservé aux enfants, mais non.

smiley C’est même essentiel pour communiquer et sans communication directe, il n’y a plus d’auteur, plus de lecteur, plus d’émotion, plus de talent, plus rien. Juste vous avec votre nom sur une couverture, ce qui finit par vous faire une belle jambe.

Mais attention, je parle ici du smiley de base -je vous l’ai dit, j’en suis au niveau 1. Celui qui tire la langue, celui qui ouvre la bouche en camembert, celui qui a des lunettes, celui qui fait la gueule etc… je les verrai plus tard.

 

Autant vous le dire tout de suite, le smiley s’apprivoise lentement, en dépit de la simplicité qu’il affiche,  car il est multifonctions et il ne faut pas se tromper.

Si vous n’avez rien à dire, faites un smiley. Vous participerez ainsi à la conversation, on verra que vous êtes là puisqu’ainsi votre nom s’affichera. Et ça vous évitera d’écrire n’importe quoi. Qu’il pleut chez vous, par exemple. Ou que vous êtes allé à la piscine.

Si vous êtes fâché,

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ne mettez rien évidemment, puisque le smiley, comme son nom l’indique, affiche un sourire béat et permanent. . N’écrivez rien d’ailleurs, attendez que votre mauvaise humeur passe, car la communication avec vos lecteurs et ceux qui partagent votre passion doit être harmonieuse.

Si vous êtes juste bien, heureux, épanoui,

zen ne mettez rien non plus, n’en rajoutez pas devant les autres. N’affichez pas l’injustice intrinsèque qui vous favorise aujourd’hui et plombera les autres.

 

 

 

Si vous aimez bien une personne, que vous la préférez aux autres depuis que vous lisez ses commentaires, encore une fois ne mettez rien : ne donnez aucun signe de favoritisme dans vos relations virtuelles. La vraie vie est assez injuste et compliquée comme ça.

-Si vous faites une mauvaise blague,

blaguemettez vite un smiley juste après, qui signifiera que votre blague était vraiment mauvaise puisqu’on ne la comprend pas, mais que grâce au smiley on sait au moins que c’était une blague, qui ne restera pas dans les annales.

-si vous êtes content de votre message, que vous vous trouvez intelligent, perspicace, plein d’un humour de bon aloi ou simplement gentil, mettez un smiley. Dans ce type d’échanges, il est autorisé- voire conseillé- d’être plutôt content de soi. C’est ce qu’on appelle la positive attitude, qui n’a rien à voir avec l’absence de modestie. Elle vaut ce qu’elle vaut, mais elle a des vertus apaisantes.

-si vous avez un accès de tendresse pour quelqu’un,♡♡♡♡♡♡ ce qui peut vous arriver parce que ces relations virtuelles ne sont pas dénuées de sentimentalité- alors n’écrivez rien, faites juste un smiley: il remplacera vos paroles- ce qui vous évitera de vous vautrer dans des déclarations ridicules, qui n’auront peut-être plus cours le lendemain.

-si vous vous lancez dans un discours confus ou des explications ardues,

houellebecqmettez un smiley : il clarifiera votre discours, adoucira votre propos et sera pour l’autre comme une promesse de mise à niveau- tu n’y connais rien mais ça n’a aucune importance, pour l’instant c’est moi qui parle. Je te fais une démonstration sur l’aspect confessionnel de la prose proustienne et tu n’as jamais lu une ligne de Proust mais c’est moi qui parle.

 

 

-si vous êtes gêné parce que vous avez dit une bêtise

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ou parce qu’on vous a fait un gros compliment, mettez un smiley : il vous empêchera de rougir tout seul, bêtement, devant votre écran.

Mais de toute façon, mettez un maximum de smileys, dès que vous le pouvez ponctuez vos phrases avec ce petit bonhomme à tête de lune : il vous fera entrer dans la communauté des bavards d’internet –et vous savez bien que vos innombrables  lecteurs n’attendent que ça, que vous leur parliez, de vous, de vos personnages, de vos projets  et qu’ils sont tout prêts à vous livrer leurs impressions et leurs conseils. Alors entrainez-vous, avec eux, avec vos amis… et SOURIEZ !

 

 

 

Mauvaise mère

Classé dans : Mes publications — 22 octobre, 2014 @ 6:42

Le problème quand vous écrivez, c’est que vous avez des enfants.

Réfléchissez une seconde: vous les avez bercés, consolés, nourris,

enfants

soignés, soutenus dans leurs moments difficiles. Bref, vous vous êtes occupée d’eux.

Et vous les abandonnez pour d’autres.

Vos personnages.

Ils y verront UN ABANDON.

 


enfant abandonné

 

D’abord, parce que ces personnages vous prendront votre temps et que votre temps, c’était eux.Ils détesteront donc d’emblée ces gens qu’ils ne connaissent pas, qui n’ont même pas de consistance réelle ni de I-pad ni de numéro de portable  et à qui vous semblez soudain si attachée. A la première occasion, ils vous diront des choses désagréables à leur sujet:

-tu les décris pas, on voit pas à quoi ils ressemblent.

-c’est qui Victor, déjà?

-ah bon, elle meurt à la fin?

-à son âge, on parle pas comme ça.

Bref, ils ne s’intéresseront pas à eux.

 

Mais il y a pire encore. Car vous avez déballé votre imaginaire en deux cents pages, vous l’avez livré aux lions puisque telle est la vocation de l’écrivain. Mais pour vos enfants, vous n’avez pas d’imaginaire.

Pour eux, il y a dans votre tête  la liste des courses avec leurs demandes personnelles, les horaires de trains, les prévisions météo pour le week-end, les dates des vacances, le numéro du dentiste, le numéro de l’orthodentiste, la recette de la tarte aux légumes, la liste de leurs amis, la liste de leurs petits soucis et le souvenir de leurs gros chagrins. Ce qui fait déjà beaucoup.

 

Mais il y a pire encore, il y a le contenu de vos livres: la page où votre héroïne se fait trousser par son amoureux. La page où vous avez écrit des mots grossiers, celle  où vous vous moquez de vos voisins, qu’ils ont forcément reconnus au passage. La page où la mère meurt. La page où votre homo est ridicule, la page où le SDF sent mauvais, la page où vous faites mourir le chien, la page où celle qui vous ressemble a de la peine, la page où vous vous moquez de vous-même. La page où vous vous êtes lancée dans une longue description, qui leur rappellera forcément leurs devoirs de lycée.

Pour vos enfants, ce sera insupportable.

 

Alors, si vous avez des enfants, écrivez:

-des romans historiques, et vous aurez le choix de la période. Ils les confondent toutes.

-de la Fantasy et vous aurez le choix des décors, ils les connaissent tous.

-des histoires de monstres et de vampiresvampire

 

-un thriller et ils vous diront qu’ils n’ont même pas eu peur. Que vous devriez essayer un autre genre.

-des histoires pour rire, ils ne riront pas mais vous serez tranquille.

D’abord, ce sont des histoires qui plaisent aux lecteurs (pas vos enfants, qui ne lisent jamais, les autres). Ensuite, vous aurez l’excuse de l’imaginaire délirant -le faux, celui qui ne vous implique pas personnellement, dans lequel vos enfants auront beaucoup de mal à vous retrouver.

Parce que, faire la folle sur une table de restaurant (1) avec un extra-terrestre ou un vampire, entre nous ça ne risque pas trop de vous arriver.

 

(1) LA page 54 (Mater dolorosa)

Et pardon à mes filles, si elles lisent cet article et s’y reconnaissent , ce ne sera là qu’une regrettable coïncidence.

Le prix du croissant-beurre

Classé dans : Mes publications — 22 octobre, 2014 @ 2:39

Je n’aime pas trop les croissants le matin, aussi me suis-je offert Les caractères mobiles.

caractères mobiles

C’était le même prix, l’auteur m’avait prévenue.
Et j’ai passé un bon moment, au sens propre comme au sens figuré d’ ailleurs, parce que je dois vous le dire tout de suite, j’ai trouvé le roman un peu long. Mais attention avec moi, je ne suis pas aux normes (j’aime par-dessus tout les nouvelles et suis une inconditionnelle de Lettre d’une inconnue de Stefan Zweig, qui doit être le roman le plus court de la littérature).

Que trouve-t-on dans ce roman? Une chose que j’aime d’abord: la mise en place de personnages qui n’ont rien à faire ensemble . Vous les voyez défiler et vous êtes perdu, mais vous savez bien qu’on ne va pas vous laisser dans cet état et qu’ils vont finir par se rencontrer. En attendant qu’ils fassent connaissance, vous avez:

-un consultant qui suce son pouce en cachette.

-une fille élastique (1)

-un Sébastien (pas le Saint, l’autre, l’éboueur-qui-ne-sait-pas-lire) beau comme un micocoulier (vous ne savez pas ce qu’est un micocoulier? Moi non plus, attendez: arbre des régions chaudes ou tempérées).

-une business woman: « 15 ans d’avance professionnelle. 15 ans de retard amoureux. Elle voudrait un calin« .

-des « parents-minute », qui veulent la réussite de leurs enfants en instantané.

-un maniaque des gâteaux au miel.

Et que font-ils? Il essaient d’être heureux, comme vous. Et ils s’envoient une quantité de SMS, comme vous.Et ils se prennent le vent dans la figure quand ils sortent des bureaux de la Défense, comme vous. Et ils essaient de s’aimer, comme ça se passe chez vous, mais chez ces gens-là qui vous ressemblent, le grand amour ça n’est pas gagné.

Vous le saviez déjà? Oui, mais on ne vous l’avait jamais dit comme ça, écoutez:

« T’es pas retardé, t’es pas un grand littéraire ».

« Elle ne veut pas devenir toute seule ».

« Sabine n’écoute plus Michel qui s’écoute parler »

« Chez nous les gens du consommable, l’amour jusqu’à ce que la mort nous sépare est un tableau d’autrefois montrant une scène de la mythologie ».(quoique, quand on connaît un peu sa mythologie…)

Et j’oubliais: il y a un objet qui traîne dans ce roman, au milieu des portables, des pots de miel et des machines à café. C’est un petit objet indispensable, si vous le perdez autant rester couchée. Lisez ce roman, vous le trouverez.

(1) »Sihème est une fille élastique: elle a pris ce job de nuit et travaille à mi-temps le jour, chez un opérateur de téléphonie mobile. Jour, nui: le sourire tient, les yeux moins. »

Les caractères mobiles, Olympe Vansaï, éditions Bookly

http://www.amazon.fr/caractères-mobiles-Vansai-Olympe-ebook/dp/B00KXTA50S/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1413696121&sr=8-1&keywords=les+caractères+mobiles

 

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